• 04Juil

    blink-182 – California, la critique

    Quand un groupe de musique est composA� de trois personnalitA�s diffA�rentes, l’identitA� est assez forte et un dA�part peut tout faire basculer. Blink-182 fait partie de ce genre de groupe. AprA?s une sA�paration, une reformation et des side-projects, il A�tait attendu que l’un des membres parte. On pensait tous A� Tom. Evidemment, c’est dans un imbroglio mA�diatique que Mark et Travis se sont sA�parA�s de Tom pour la (sur)vie de groupe. On vous passe les dA�tails, on vous parle ici de California et de musique !

    AprA?s un premier single, Bored To Death, plutA?t efficace, on attendait quand mA?me que Matt Skiba fasse ses preuves en tant que nouveau membre du groupe. Si sa voix est reconnaissable dans Alkaline Trio (groupe qu’on vous conseille), en duo avec Mark, les deux voix sont plutA?t rapprochA�es. On est loin de la voix nasillarde de Tom Delonge et A�a peut choquer.

    Alors qu’il faut faire son travail de deuil et se dire que blink-182 n’est plus le mA?me groupe, il faut dA�sormais se pencher sur la musique et se dire que non, ce n’est ni blink sans Tom, ni +44 sansA�Shane GallagherA�etA�Craig Fairbaugh. AprA?s un album A�ponyme de qualitA� qui a transformA� l’image du groupe, aprA?s un album Neighborhoods, trA?s voire trop influencA� par les multiples talents des 3 monsieurs, aprA?s un EP bien senti, efficace, mais encore trop hA�tA�rogA?neA�dans les genres, blink-182 devait prouver qu’il savait proposer quelque chose de consistant et d’homogA?ne. On ne cherche pas un album avec dix pistes qui se ressemblent, mais les talents des membres ne devaient pas se retrouver un A� un dans les pistes. On ne voulait pas la chanson de Tom, la chanson de Mark….

    LibA�rA� de la pression artistique de Delonge, Mark a composA� avec Skiba un album qui retrouve un peu l’identitA� qu’avait le groupe A� la sortie de Take Off Your Pants and JacketA�: un groupe de pop-punk un peu fou. Mieux encore, California pourrait trA?sA�bien se placer entre cet album, Take Off, et l’A�ponyme. California est le digne hA�ritier de l’album de 2001 et possA?de encore quelques bribes de ce que l’A�ponyme de 2003 nous a donnA�. L’album est A� la fois lA�ger, emprunt de messages (moins sombres que l’A�ponyme) et puisant dans les racines punk-rock du groupe.

    Ainsi aprA?s un Bored To Death apprA�ciA�, Rabbit Hole, Cynical et No Future ont A�tA� des exemples vraiment parfaits de ce que le groupe devait proposer. Les chansons A�taient A�nergiques, Skiba arrivait A� imposer son style et sa voix et blink-182 retrouvait l’aura d’antan. Cynical est un fort message adressA� A� Tom et, en moins de A�2 minutes, confirme que le groupe a encore des choses dans le ventre. Les fans pouvaient se sentir un peu en rA�gression avec Bored To Death ou Rabbit Hole. Les critiques se sont mis A� pleuvoir, prA�textant que le groupe offrait la mA?me chose qu’antan, ou que, sans Tom, ce n’A�tait plus pareil. Il est important de noter qu’un groupe A�volue dans tous les sens, des membres partent, sont moins inspirA�s, la musique va et vient dans les styles et influences et que, si le fan grandit, la musique ne doit pas grandir. Nos goA�ts n’A�voluent pas, ce sont les opportunitA�s de connaA�tre d’autres choses qui nous permettent d’affiner nos goA�ts. Si blink-182 avait offert un A�ponyme 2, ce serait merveilleux, mais blink-182 reste un groupe de pop-punk. L’A�ponyme a A�tA� un miracle, et l’A�volution humaine de Mark et surtout Tom a changA� le groupe. Le groupe a eu la chance de pouvoir tester beaucoup de choses et California est A� l’image de ce qu’est le groupe A� cet instant. Ce n’est A�ni une redite, ni un pas en arriA?re, ni une mauvaise A�volution. Les plus grands groupes rock du monde ont tous leur heure de gloire derriA?re eux. Tous !

    On regrettait les influences trop marquA�es dans Neighborhoods. Dans California, on sent surtout une patte Mark, moins envahissante, moins pernicieuse. No Future sent bon les Offsprings. On ressent notamment dans les Woh, oh, oh grosse marque du groupe de l’A�poque bA�nie de 1997. C’est le gros point discutable de California. Les Woh oh oh et nanana, trA?s prA�sents, sont-ils une facilitA� artistique, une baisse de crA�ativitA� ? All the small things est marquA� par le Na na na, mais ce titre n’A�tait-il pas un titre second degrA� se moquant ouvertement de ce genre de titre ? La production parA�John Feldmann (All Time Low, 5 Seconds Of Summer) A�tait-elle trop importante et influente ? Evidemment, le bonhomme a aussi travaillA� avec The Used ou Goldfinger fut un temps, mais son travail actuel prouve bien qu’il veut placer blink-182 au mA?me niveau que les groupes « A� midinettes », au public plus jeune, A� la fidA�litA� dA�concertante.

    San Diego, Los Angeles et California forment le triptyque de la cA?te Ouest de cet album. Trois titres qui tranchent avec le reste de l’album A� la structure classique au niveau des chansons. Los Angeles aurait du A?tre le premier titre, mais au vu de la rA�ception dA�sA�quilibrA�eA�du titre, on comprend le retour en arriA?re. Los Angeles A�tonne par son refrain tranchant, son bridge Hoppusien et son caractA?re assez brut. San Diego parait comme une ballade un peu sirupeuse avec un Mark peu inspirA�, une mA�lodie dA�ja vu. Skiba prend la relA?ve avec un refrain un peu plus entraA�nant mais rien n’y fait, la chanson peine A� convaincre malgrA� un texte accusateur contre Tom. Musicalement, elle ne propose rien d’excitant et reste un produit un peu trop calibrA�. California, 15A? titre, commence A�galement comme une ballade peu inspirA�e, mais ce qui tranche est ce message d’amour pour la Californie et A�a marche. TrA?s lA�gA?re, mA�lodiquement achevA�e, California n’est pas la meilleure ballade du groupe (dans les tentatives peu nombreuses il est vrai) et ne possA?de aucune puissance rock comme Adam’s Song ou Stay Together proposaient. On nage en pleine ballade 5SOS. On accepte ou pas ce penchant un peu trop « produit ».

    Reste une demi douzaine de titres dans cet album avec She’s Out Of Her Mind qui fleure bon le titre pop-punk de qualitA�. Riff trA?s First Date au dA�but, Woh oh oh, mA�lodie accrocheuse, refrain calibrA�, blink-182 se place vraiment dans le giron des groupes de pop-punk actuels qui ‘marchent’, c’est A� dire entre McBusted et 5SOS (hA�las ?) C’est efficace, mais aviosns-nous besoin de chansons calibrA�es et efficaces ou de titres A�tonnants et innovants ? Personne n’aura la mA?me rA�ponse. Dans tous les cas,A�She’s Out Of Her Mind arrive A� proposer une patte blink-182 assez marquA�e au fil des notes. Un troisiA?me titre plutA?t bon donc pour cet album aprA?s Cynical et Bored ToA�Death qui ouvrent l’album.

    Patrick Stump de Fall Out Boys, a composA� deux titres pour cet album. Avant San Diego, Stump propose Sober, trA?s marquA� par la patte du monsieur. SpA�cialiste des mA�lodies qui tirent en longueur, et donc qui va A� l’encontre de blink-182, Stump a composA� un titre qui fait du bien au groupe. Frais, entraA�nant, assez mineur tout de mA?me, Sober confirme encore un retour aux sources salvateur pour le groupe avec toujours ses Na na na un poil envahissants.

    On parlait de ballade et Home Is Such A Lonely Place est vraiment la rA�ussite de l’album dans le genre. Moins anecdotique qu’elle n’y parait, Home… permet A� Mark Hoppus de composer quelque chose qu’il n’avait plus fait depuis +44. Le titre suivant tranche vraiment pusique Kings of the Week-End est un titre d’une efficacitA� redoutable. La paire Skiba / Hoppus marche parfaitement. On retrouve la basse caractA�ristique de titres piochA�s dans Take Off, comme Roller Coaster avec une pA?che Punk plutA?t bienvenue, salvatrice, fraA�che, rA�confortante. En bref, Kings of the week-end est MON coup de coeur. Teenage Satellites confirme la direction que prend California avec un titre aux accents de l’album de 2001 avec la touche Hoppus d’aujourd’hui. Les riffs sont accrocheurs, Skiba pose son talent sur le refrain et confirme qu’il n’a pas nA�gligA� sa participation (d’ailleurs on vous conseille sesA�albums solo).

    A ce niveau de l’album, les refrains sont toujours aussi accrocheurs qu’A� la grande A�poque de Take Off (oui vraiment l’album rA�fA�rence pour cette critique). Left Alone est un beau partage entre Skiba et Hoppus. Les couplets essayent d’A?tre diffA�rents, le refrain est simpleA�et tranche avec le style des couplets, Left Alone est un titre on ne peut plus puissant.A�The Only Thing That Matters possA?de A�galement un intro A� la basse qu’on n’avait plus vu depuis Take Off et Roller Coaster encore une fois. Le titre retrouve vraiment des racines perdues. Ca fait du bien.

    A noter un titre bonus pour le Japon, Hey, i’m sorry, trA?s ancrA�e dans l’identitA� de ce California avec Na na na, mA�lodie facile mais efficace et refrain empruntant A� du All TIme Low. La durA�e est assez inA�dite pour le groupe !

    Brohemian Rapsody et Built This pool, deux bluettes poA�tiques de trente secondes achA?vent l’identitA� rA�gressive, mais nA�cessaire de California.

    Alors que retenir de California ? Sans l’influence de Delonge, Mark, Travis et Matt arrivent A� proposer un album qui rappelle d’oA? vient le groupe sans essayer de rA�volutionner le genre. On sait ce que le groupe vaut, ce n’est pas le groupe le mieux placA� pour proposer un album rock rA�volutionnaire. Travis Barker semble un poil en retrait en ne proposant aucune vraie fulgurance, mais reste tout de mA?me une plus value incontestable. On comprend les critiques, l’omniprA�sence des Na na na et Woh oh oh, mais on ne comprend pas les A�ternelles comparaisons sur des A�poques plus ou moins bA�nies. Le groupe A�volue avec ses membres et non pas avec nos goA�ts. Deal with it.

Discussion One Response

  1. 4 juillet 2016 à 18 h 32 min

    Bonne review, je te rejoins sur plusieurs points!
    Grande différence de mon point de vue à propos de San Diego cependant. C’est mon coup de coeur pour le coup! Quand on sait que Feldman a poussé Hoppus a écrire sur son ressenti vis a vis de tous les précédents déboires avec Tom – chose que Hoppus refusait en premier lieu – on sent alors un morceau plus sincère, plus personnel. La chanson n’est pas une chanson entierement sur Tom, mais sur San Diego, ville aux aspects aussi très contrastés, mais on comprend qu’il est difficile de séparer les deux dans son esprit. Donc on a une chanson qui montre l’appréhension de revenir à San Diego et donc de revoir Tom et tout ce que ça implique. On n’est pas dans le côté « accusateur » comme pouvait l’être « No it isn’t », mais plus dans un message « Comment revenir, se revoir, après tous les bons et mauvais souvenirs ensemble? » et du coup la peur et la gêne que cela peut engendrer. Le refrain (et quel refrain je trouve! Chapeau Skiba!) nous dit clairement : « J’ai peur de m’endormir et rêver de tous ces bons moments passés ensemble ici et repenser aux gens que j’y ai laissé et perdu ». Comme quoi il n’est pas facile de laisser tout réellement derrière sans rien y regretter. En conclusion, une belle et originale leçon d’amitié, mais sur ses aspects plus compliqués et sombres.

    Pour le reste je suis d’accord avec toi, California est un bel hommage a la Californie, Home est une super balade et comme quoi Blink qui parle d’ÊTRE parent, ben ca marche aussi!

    On est dans du Take Off remis à jour, ca sent le soleil et les vacances, avec cette pointe d’anxiété qui est propre à Blink. Bémol sur « Sober » qui cependant sent trop les FOB, qui au vu de leurs derniers albums, ne devraient pas trop essayer d’influencer Blink…

    Bref, j’en suis très satisfait de cet album, et de la part Skiba en laquelle je n’ai jamais douté! Si la collaboration continue, ca promet de futurs albums bien cools, si on considère California comme un rodage!

    Jérem’

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